CO-CRÉER LE CHANGEMENT

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Les preuves

Qu’est ce qu’une preuve ? Selon le Petit Robert, c’est « ce qui sert à établir que quelque chose est vrai ». Pourquoi, dans notre dimension, dans notre état de conscience, avons-nous besoin de preuves ? Parce que nous ne savons pas ce qui est vrai. Nous ne connaissons pas la vérité, elle nous est voilée. Nous sommes dans l’ignorance de la vraie nature de la réalité.

Chaque jour, des centaines d’informations nous par­viennent par l’entremise de nos sens. Pour la plupart d’entre nous, ils sont le seul contact que nous avons avec le monde extérieur, et même avec notre monde intérieur. Les messages de nos sens, la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat, jusqu'à quel point pouvons-nous leur faire confiance, croire leurs messages ? Tout, semble-t-il, nous fait croire que les informations qu’ils nous donnent correspondent à ce que nous savons, à ce que nous pensons savoir, à nos croyances et nos habitudes.

Mais que se passe-t-il lorsqu’ils nous donnent un message nouveau, inhabituel, qui bouleverse nos connaissances et nos croyances ? Par exemple, si un vaisseau spatial se pose dans mon jardin et que de petits êtres verts en descendent – quelque chose qui est impossible dans les conditions normales de mon existence. J’ai besoin d’une preuve qui confirme ce que mes yeux ont vu, qui me prouve que ce n’est pas un mirage ou une illusion. Je cours dans la maison chercher un appareil-photo, mais, quand je reviens dans le jardin, le vaisseau et ses passagers ont disparu. L’herbe est bien un peu écrasée à plusieurs endroits, mais est-ce une preuve ? Si je raconte cette histoire à mes amis, vont-ils me croire ? L’herbe a peut-être été écrasée par le chien, ou par les outils du jardinier… 

S’il n’est parfois pas facile de croire nos propres sens lorsqu’ils perçoivent directement un événement, qu’en est-il d’un événement qui nous est rapporté par quelqu’un d’autre, un événement de deuxième main, ou de énième main ? Une nouvelle qu’on lit dans le journal ou qu’on a vue à la télé­vision ? Certaines personnes pensent que tout ce qui est imprimé est vrai et que toutes les images qui passent à la télé sont vraies. Pourtant, ces mêmes personnes lisent des ro­mans et regardent des films d’aventure, et ne pensent pas qu’ils sont vrais, sauf s’il est écrit « histoire vraie » au début !

Les nouvelles, la publicité, les discours des hommes politiques, est-ce vrai ? On nous donne des preuves, des preuves matérielles, des témoignages, donc c’est vrai ! Combien d’innocents ont été condamnés avec preuves matérielles et témoignages à l’appui ! « Les preuves ne convainquent que l’esprit » disait Pascal. C’est l’esprit qui croit les perceptions des sens et les preuves de leur véracité. C’est l’esprit qui crée le monde illusoire dans lequel nous vivons et, pour cela, il fonctionne en parfaite intelligence avec nos organes des sens. C’est l’esprit qui fabrique les preuves, et c’est encore l’esprit qui nous tient prisonnier du monde illusoire basé sur les preuves qu’il a lui-même construites. C’est un cercle vicieux, tant que nous restons au niveau de l’esprit et de sa logique. 

Et c’est sur la base de cet esprit logique que le monde matériel dans lequel nous vivons fonctionne. C’est notre esprit logique qui nous manipule et nous limite à cette dimension matérielle, la vue cartésienne du monde. Cette vue sert de fondation au fonctionnement de nos institutions et aux structures de notre société. La science où l’expérience répétable est la preuve de l’énoncé d’une théorie ; la médecine allopathique où l’analyse et l’observation d’un symptôme est la preuve du diagnostic d’une maladie ; notre système d’éducation où les notes obtenues sont la preuve de la connaissance et de l’intelligence des élèves ; le système économique où des pièces justificatives informatisées servent de preuve de nos possessions et de nos dettes ; notre système social où toutes sortes de pièces et de documents adminis­tratifs, d’actes juridiques et de lois, servent de preuve de notre existence, de notre position dans la société, de nos relations avec autrui, de nos droits et de nos obligations…

Mais nous sommes bien obligés de reconnaître que le monde régit par l’esprit logique, ses dogmes, ses lois et ses preuves, n’est qu’un aspect, qu’une partie de la réalité. Nous avons aussi un cœur, des sentiments, des sensations et des émotions, des intuitions et des inspirations, et une essence spirituelle qui n’ont rien à faire des dogmes, des lois, des croyances, des habitudes et de leur logique, pas plus que des preuves matérielles et des actes juridiques.

C’est cette partie de nous-mêmes – cette partie divine – que nous devons écouter, à qui nous devons faire confiance, que nous devons croire, car c’est elle seule qui perçoit la vérité, la réalité qui est au-delà des illusions. C’est elle seule qui peut soulever le voile et nous conduire dans d’autres dimensions, dans d’autres niveaux de conscience. Notre esprit logique, comme notre corps matériel et ses organes des sens limités, ne sont conçus que pour nous permettre de survivre le mieux possible dans la troisième dimension. Dans ce monde de souffrance et de frustration agrémenté de sa gamme limitée de plaisirs et de loisirs qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau. Ce monde, nous le connaissons bien, mais qui aurait envie d’y vivre jusqu'à la fin de l’éternité ?


Ce texte est un chapitre du Guide du bonheur pour le troisième millénaire, de Pierre Wittmann.

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