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Les maladies de la société

Lorsqu’on contemple les problèmes, les souffrances et les turpitudes du monde, on peut se demander ce qui nous a conduit à cette situation. Les maladies du monde, de la société et des êtres humains sont, selon les bouddhistes, les trois poisons : l’ignorance, l’avidité et l’aversion.

L’ignorance, ce n’est pas le fait de n’avoir pas étudié, de n’être pas allé à l’école – le système scolaire est conçu pour promouvoir l’ignorance –, c’est l’ignorance de notre véritable nature et de la véritable nature de la réalité. C’est la croyance que nous sommes des entités séparées et que notre existence est limitée à ce monde matériel visible et à la durée de notre vie sur cette terre.

L’avidité, qui découle de l’ignorance, est le désir immo­déré pour les biens matériels, le sexe et le pouvoir. Parmi les biens matériels, celui dont nous sommes le plus avides est l’argent. Pourtant, avec le système bancaire actuel, il est généralement fictif, et nous en voyons rarement la couleur. L’avidité matérielle vient de la croyance que nous vivons dans un monde caractérisé par le manque et non par l’abondance. Un monde où il n’y a pas assez de ressources et de nourriture pour tout le monde. Il faut donc accumuler le plus possible pour éviter se retrouver sans rien. L’avidité pour les relations sexuelles est le désir de retrouver, par ce moyen, l’impression d’unité, d’interrelation et de béatitude dont nos croyances nous font penser que nous sommes privés. Le pouvoir est un moyen de s’assurer l’acquisition de biens matériels et de partenaires sexuels, et de préserver ceux qu’on possède. C’est aussi un moyen de contrôler et de diriger les autres et le monde. L’avidité pour le pouvoir est également basée sur la croyance du manque et de la séparation.

L’aversion est la violence et l’agressivité nécessaires pour acquérir les objets de notre avidité et ensuite les protéger. C’est aussi la peur de ne pas réussir à les acquérir et à les protéger.

Il importe de noter que les trois poisons, l’ignorance, l’avidité et l’aversion, ne sont pas notre vraie nature, mais un conditionnement que nous prenons pour notre vraie nature. C’est pourquoi notre situation n’est pas désespérée. Nous pouvons nous éveiller et réaliser notre vraie nature, qui est la sagesse, la générosité et l’amour. Les deux tendances – posi­tive et négative – existent en nous, et se manifestent à tour de rôle. Il semble, cependant, que nous avons de la peine à les contrôler et que, dans les moments de stress, c’est plutôt notre côté négatif qui l’emporte.

Cet aspect négatif est ce qu’on appelle l’ego. Il est préoccupé en priorité par lui-même et par ses propres intérêts, même si c’est aux dépens d’autrui. Dans les situations vraiment graves, par contre, on constate que l’ego passe à l’arrière plan et que la sagesse, l’amour et la géné­rosité reprennent le dessus. Les conditions de notre vie quotidienne ne sont, en général, pas assez dramatiques pour que ce phénomène se produise.

Nous avons tout le loisir d’observer en nous les trois poisons, ainsi que leurs opposés, et de comprendre les ravages ou les bienfaits que les uns et les autres produisent dans notre vie. Nous avons aussi la possibilité de travailler sur nous-mêmes et de nous transformer afin d’améliorer notre vie et nos rapports avec autrui. C’est une tâche difficile et de longue haleine, comme tous ceux qui s’y sont attelés l’ont remarqué.

Lorsqu’on extrapole cette observation à la société, on comprend sans peine les conditions difficiles qui caractéri­sent actuellement la vie sur la planète Terre. L’inertie d’une société est beaucoup plus lourde que celle d’un individu, et sa transformation plus lente et plus difficile. Elle semble même insurmontable. Ce n’est sans doute pas le cas. Rappelons-nous que la société est un reflet des individus qui la composent. Ainsi, si tous les individus se transforment, s’é­veillent à une nouvelle réalité, leur reflet va automatiquement se transformer, sans efforts et sans difficultés. Car ces individus éveillés ne voudront plus vivre dans une société qui ne correspond pas à leur nouvelle sagesse et leurs nouvelles aspirations. Et plus personne ne s’opposera aux décisions nécessaires pour changer la société.

La difficulté actuelle est que, si une partie de la société s’éveille, comprend le caractère dramatique et urgent de la situation et entrevoit les possibilités de transformation, une autre partie de la société est encore plongée dans l’ignorance et fermement attachée à ses tendances à l’avidité et l’aver­sion. Ce sont avant tout ceux qui possèdent la majorité des biens matériels et le pouvoir. Ils désirent les conserver et même les augmenter encore, en s’efforçant, par exemple, de contrôler le monde entier et toutes ses richesses. Et ils n’en sont pas loin.

Pour arriver à leurs fins, leur jeu consiste à manipuler la population pour la maintenir dans l’ignorance et continuer à lui faire croire que l’avidité et l’aversion sont les seules solutions à son bonheur, à sa sécurité et même à sa survie. C’est l’opposé qui est vrai, bien sûr ! La société a fonctionné sur ce jeu du pouvoir depuis des millénaires, et elle continue à fonctionner ainsi aujourd’hui. Tant que la population sera dans l’ignorance du véritable fonctionnement du monde et restera la victime de la manipulation et de l’hypocrisie des puissances au pouvoir, les choses ont peu de chance de changer.

La majorité des gens ignorent leur véritable pouvoir de transformation et leur capacité de provoquer des chan­gements dans la société. Car on leur a donné toute une série de libertés et de droits fictifs qui leur font croire qu’ils sont libres et qu’ils ont le pouvoir. Une des plus grandes super­cheries des temps modernes est la démocratie. Quel est le pouvoir des individus dans nos pays démocratiques ? Quelle est leur influence sur les décisions politiques, la manipulation de l’information, le pouvoir de l’économie ? Dans quelle mesure ont-ils le droit de proposer et de réaliser les transformations de la société ?

Bien sûr, pour survivre dans le monde tel qu’il est organisé, la plupart des gens sont obligés de se soumettre au système. Il contrôle tous les aspects de la société, l’éducation, la santé, le travail, la technologie, la consommation des biens matériels et, en particulier, la chaîne alimentaire. Un des moyens d’échapper à ce système est de créer des commu­nautés autonomes qui fonctionnent sur un autre système de valeurs. Ces communautés permettent de montrer que des solutions alternatives existent et sont viables. Un autre moyen est de vivre dans le système sans faire partie du système, c’est-à-dire d’utiliser le système et son énergie pour le transformer. C’est plus subtil, mais peut-être plus efficace pour agir sur les structures existantes.

Le fait de reconnaître les maladies de la société ne signifie pas que tout ce qui existe dans nos sociétés modernes soit mauvais ou nuisible, et que tout doive disparaître pour voir l’apparition d’un monde meilleur, loin de là. Il existe beaucoup d’éléments sains et positifs dans nos sociétés, Dieu merci ! Ce qu’il importe de comprendre, c’est quelles sont les maladies qui créent les problèmes et la souffrance, et qui détruisent et aliènent la vie des êtres, la nature, l’environ­nement, la planète. Et, surtout, quels sont les causes de ces maladies.

Car il ne faut pas tomber, ici, dans les erreurs du système qui, comme la médecine moderne, cherche à éliminer les symptômes au lieu de soigner les causes. Et si les symptômes sont complexes, les causes sont simples, ce sont nos valeurs et nos croyances. Au lieu d’être basées sur la sagesse, la générosité et l’amour, elles sont basées sur l’ignorance, l’avidité et l’aversion. La reconnaissance des causes est la partie la plus importante du processus de guérison et de transformation… C’est par là que chacun de nous doit com­mencer, en observant leur présence à l’intérieur de soi !


Ce texte est un chapitre du Guide du bonheur pour le troisième millénaire, de Pierre Wittmann.

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